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Bien-être animal dans les élevages. L’Europe veut renforcer les règles

Bien-être animal dans les élevages. L’Europe veut renforcer les règles

Alors que la controverse se développe autour du bien-être animal dans les élevages intensifs, la Commission européenne entend renforcer les règles existantes.

Que ce soit dans les fermes, les transports ou les abattoirs, les demandes de la société pour mieux prendre en compte le bien-être des animaux d’élevage se font de plus en plus pressantes. La preuve, encore dernièrement les distributeurs Franprix, Leader Price et Casino ont pris l’engagement de ne plus vendre aucun œuf de poule élevée en cage dans leurs magasins d’ici trois ans.

La Commission européenne a confirmé le 6 mars la mise en place prochaine d’une plateforme européenne sur le bien-être animal, dont la première réunion se tiendra le 6 juin. Une seconde session aura lieu en novembre, et ensuite au moins deux fois par an. Elle réunira 75 membres – en train d’être sélectionnés – représentant les États membres, l’ensemble de la filière de l’élevage et des associations issues de la société civile.
 
Objectif principal : partager les expériences pour une meilleure mise en œuvre de la réglementation en place. Mais aussi promouvoir les normes européennes au niveau international et mieux valoriser les efforts entrepris dans ce domaine.

Le Nord contre le Sud

Le commissaire européen à la santé et la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis, a souligné qu’il s’agissait pour les participants à ce forum de « contribuer concrètement à atteindre des objectifs mesurables et réalistes ». Car les avis divergent sur cette question au sein de l’UE. D’un côté, un groupe de pays du nord de l’Europe – Danemark, Pays-Bas, Suède, Allemagne pour les plus actifs – estime la réglementation en la matière n’est pas assez contraignante et n’est pas appliquée de manière uniforme dans l’UE.

Ce sont eux qui ont poussé pour la mise en place de cette plateforme. De l’autre, les États membres les plus réticents, plutôt du sud de l’Europe, la France, l’Espagne, le Portugal et l’Italie en tête s’opposent fermement à l’introduction de nouvelles contraintes réglementaires.

Lorsqu’il a fallu mettre aux normes les élevages de poules pondeuses en 2012 (interdiction des cages) puis de porcs en 2013 (interdiction des loges individuelles pour les truies gestantes), ces pays faisaient partie des plus mauvais élèves.

Les conditions de transport dans le collimateur

Le retard a été rattrapé. Mais les Danois, Suédois, Allemands et Néerlandais voudraient déjà aller plus loin. Dans les élevages et le transport en particulier. Le Parlement européen aussi. Il s’était prononcé en 2012 pour limiter le transport des animaux depuis leur lieu d’élevage vers leur lieu d’abattage à huit heures au maximum. Une demande qu’a repoussée la Commission européenne arguant que cette limite de huit heures ne pouvait pas s’appliquer uniformément à toutes les espèces (de la volaille aux bovins). Selon Bruxelles, mieux vaut dans un premier temps contrôler correctement les conditions de transport des animaux et développer des aménagements pour les améliorer. En France, le débat se focalise d’abord sur la question de l’abattage avec la diffusion régulière de nouvelles vidéos montrant la maltraitance subie par les animaux. Mais il s’agit principalement de pratiques illégales, contre lesquelles justement la plateforme européenne doit permettre de lutter.

À noter que c’est désormais au tour de l’élevage de lapin (dont l’Union est le premier producteur au monde avec 340 millions de lapins produits par an) de faire l’objet de l’attention des parlementaires européens, avec un scrutin ce mardi 14 mars, à l’initiative des socialistes, en faveur de l’abolition de l’élevage en batteries.

source : www.ouest-france.fr

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