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Lait : le torchon brûle entre les producteurs et leurs coopératives

Lait : le torchon brûle entre les producteurs et leurs coopératives

Les demandes de baisses de prix ­de la distribution ont créé de fortes tensions. Les négociations tarifaires se terminent mercredi, en plein Salon de l’Agriculture.

En crise depuis deux ans, les producteurs de lait sont en conflit ouvert avec leurs coopératives. «Non seulement, on est payé en dessous de notre coût de production, mais les [producteurs] n'ont même pas la liberté de changer de coop quand ils sont mécontents», se plaint Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), lors d'une conférence de presse au Salon de l'agriculture. Rien ne l'interdit légalement mais «dans les faits, c'est impossible, car les coopératives se soutiennent entre elles», explique Marie-Thérèse Bonneau, vice-présidente de la FNPL. ­ «Comment les coopératives peuvent-elles se construire des objectifs ­commerciaux sans [avoir] fixé un prix aux producteurs ?», s'est emporté Thierry Roquefeuil.

Tout aussi inacceptable pour les producteurs, le prix bas des coopératives sert, selon eux, de référence aux industriels privés, qui « s'alignent sur le moins-disant, tirant tout le marché vers le bas ». Coop de France renvoie la balle dans le camp des producteurs leur reprochant de ne pas prendre de responsabilité dans leurs organisations. Le désaccord est ressorti à l'occasion des négociations tarifaires avec la distribution, qui se terminent mercredi. «Une fois de plus les négociations commerciales ont été extrêmement difficiles. Alors que les prix des matières premières agricoles sont à la hausse dans la plupart des secteurs, la distribution ne parle que déflation», a indiqué Dominique Chargé, président des coopératives laitières (FNCL). Pour des hausses demandées de 5 à 10 % sur les tarifs des produits laitiers, les coopératives se sont vu imposer des baisses de - 2 à - 4 %, affirme-t-il.

Transparence sur les prix

Selon des industriels privés, les distributeurs auraient consenti des augmentations de tarifs de +2,8 % sur le beurre et la crème de qualité pour tenir compte de bond de 55 % du prix mondial du beurre. Confrontés à la guerre des prix entre Leclerc et Carrefour, les industriels privés et coopératifs réclament désormais la suppression de la LME, la loi qui régit la relation entre fournisseurs et producteurs.

Elles jugent cette loi «responsable de la spirale déflationniste» qui prévaut depuis quatre ans. Au passage, les coopératives demandent la suppression de la loi Sapin II provoquant la colère des producteurs, qui estiment que c'est leur seule chance de faire la transparence sur les prix. Les distributeurs, eux aussi, réclament cette transparence aux industriels. Leur organisation (FCD) estime que « les producteurs laitiers doivent pouvoir bénéficier [...] de la hausse récente des cours ». Et précise que «les distributeurs respecteront les règles sur les clauses de revoyure prévues par la loi en cas de variation significative des matières premières».

source : www.lesechos.fr

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