Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
agriblog

Le veau sous la mère, une production qui recrute

Le veau sous la mère, une production qui recrute

Veau de lait. La seule production qui ne connaît pas la crise peine à recruter des éleveurs.

Pourtant les progrès techniques ont de quoi encourager ceux qui cherchent des pistes rémunératrices d’installation, diversification ou de reconversion.

Pas assez d’éleveurs en veaux sous la mère

«Ils connaissent bien les contraintes de l’élevage et pourtant ils s’accrochent. » Christophe Gay s’estime chanceux d’être aussi bien entouré. Ses fils, 15 et 18 ans, se relayent le week-end pour les remplacer, lui et son père retraité, pour les tétées des veaux matin et soir. Tous les deux veulent le rejoindre sur la ferme pour produire des veaux sous la mère. Tous les investissements pour améliorer ses conditions de travail, Christophe Gay les fait aussi pour eux.

Mais la situation de l’éleveur de Tocane-Saint-Âpre est un cas assez isolé. Dans le bassin de production des veaux sous la mère (25 départements du sud-ouest de la France), seuls 90 jeunes s’installent par an. Pas assez pour compenser les départs à la retraite et couvrir la demande en veaux label rouge.

En Dordogne, ils seraient chaque année une quinzaine à se lancer dans le cadre d’une installation aidée. « Tous les ans, il manque 50 éleveurs pour maintenir, voire développer, la production », se désole Francis Rousseau, animateur de l’Association veau sous la mère. Il va dans les établissements agricoles pour convaincre les lycéens de l’intérêt de cette production rémunératrice si elle est bien conduite.

Les freins seraient psychologiques : « la production n’est plus aussi astreignante qu’elle l’était mais, tout comme il n’a pas été facile de lever les tabous pour évoluer, il est difficile de faire savoir qu’on a réussi », atteste Christophe Gay. Il est un des ambassadeurs (un “parrain”) de cette production et ouvre son exploitation à qui veut des informations avant de se lancer.

Cibler les producteurs laitiers

Si la sensibilisation des jeunes se poursuit, l’association souhaite recruter dans les filières mises à mal par des crises récurrentes, à commencer par les producteurs de lait et ceux qui élèvent des broutards. « Parmi toutes les productions bovines, le veau sous la mère est celle qui permet de dégager le meilleur revenu », assure Francis Rousseau. Un excédent brut d’exploitation (avant amortissement des emprunts) de 40 000 E serait atteint avec 50 vaches en veaux sous la mère, quand il en faudrait 75 en broutards... 

L’animateur ne tait pas les exigences de cette production qui demande qu’on la maîtrise techniquement pour sortir des veaux de qualité et respecter les critères du label. Mais les organisations professionnelles (Univia, Elvéa Périgord...) sont là pour accompagner tout nouvel éleveur.

Plusieurs techniciens ont visité l’élevage de Christophe Gay mardi et découvert la tétée dans la salle en liberté assistée : une innovation voulue par l’éleveur, réalisée avec l’aide du service bâtiment de la Chambre d’agriculture, qui allège son travail sans nuire à la qualité des veaux.

Source: Journal Réussir le Périgord

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article