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The Inspector Cluzo, rock et rillettes faits maison

The Inspector Cluzo, rock et rillettes faits maison

Le duo gascon, qui partage son temps entre la musique et son activité de fermier, donnera trois concerts aux Eurockéennes de Belfort ce week-end. L'occasion de découvrir un groupe de rock qui érige les valeurs de la terre en étendard.

L’espace d’un week-end, The Inspector Cluzo va devoir délaisser sa ferme et ses 200 oies. Le voisin, comme toujours en leur absence, sera chargé de prendre le relais, pendant que le duo blues rock fera danser le public des Eurockéennes. Pour le groupe, accueilli en chouchou, le programme est chargé : concert à la prison de Belfort ce vendredi 1er juillet, sur la scène de la plage le lendemain, ainsi qu’au camping du festival, avec projection du documentaire Rockfarmers qui leur est consacré, puis rencontre avec le public. Mais les planning overbookés, Inspector Cluzo connaît bien.

Depuis 2013 et l’acquisition de leur ferme à Eyres-Moncube dans les Landes, Laurent Lacrouts (chant, guitare) et Mathieu Jourdain (batterie), tous deux 40 ans au compteur, jonglent tout au long de l’année entre leur activité de fermier, et celle de rockeur. Le groupe, inconnu du grand public en France, effectue pourtant cent concerts par an, en grande partie à l’étranger et ce depuis ses débuts, il y a huit ans.

Pour tenir le rythme, leur emploi du temps est cadré au millimètre. « On a réussi à installer un cycle annuel basé sur nos oies, que l’on nourrit au maïs bio et au blé, comme dans le temps », nous explique Laurent par téléphone il y a quelques jours, en plein tri de matériel agricole. D’octobre à janvier, le groupe refuse tous les concerts qu’on lui propose, et se consacre uniquement au gavage des oies, pour produire confit, foie gras et rillettes. Entre deux fournées de blé dans le gosier et le stand au marché de Mont-de-Marsan, les deux comparses trouvent le temps de composer dans le studio qu’ils se sont aménagé, au milieu des bocaux.

« Fin janvier, pour le dernier album, on disposait d’environ 60 chansons ». Chez Inspector Cluzo, la musique, comme les rillettes, sont entièrement faites maison.

“Notre limite nous protège de faire de la merde.”

« Dans les deux cas, ils ont une démarche totalement indé, complètement Do It Yourself », raconte Kem Lalot, programmateur des Eurockéennes et fan du groupe.

De la promotion à l’enregistrement, en passant par l’organisation des tournées, le groupe gère tout lui-même via son label, FuckTheBassPlayer, son agence de booking, et sa boîte de publishing, pour les droits d'édition. Les deux comparses ont un temps oeuvré à faire tourner Sharon Jones ou Charles Bradley en France.

Cette période a façonné en partie ce qu'ils sont aujourd'hui : « Forcément, on a de l’expérience, mais aussi des lacunes de réseaux ». C’est ce qui permet toutefois au groupe de conserver une taille modeste, et surtout d’avancer à son rythme, en toute liberté.

« Notre limite nous protège de faire de la merde, de basculer dans le formatage du live, du son. On veut continuer à faire une musique organique ». C’est grâce à la scène et leur énergie brute, directe, que tout a décollé au Japon, où ils jouissent depuis d’un soutien indéfectible. Leur son, un rock puissant et bluesy sans effets ni accent landais, rappelle les White Stripes ou les Black Keys de la première époque.

Avec leur ancienne formation Wolfunkin, ils ont longtemps opéré du côté funk, et citent Curtis Mayfield et plus encore Jimi Hendrix comme totems. On décèle aisément l'influence du dernier dans les guitares d'Inspector Cluzo. Côté live, les deux compères revendiquent avant tout la spontanéité : « On monte sur scène sans setlist préconçue. On sait juste le morceau par lequel on commence, et celui qui clôt le concert. Entre les deux, on improvise ».

source : www.telerama.fr

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